mercredi 29 mars 2017

Compte rendu café philo "Quelle place pour les personnes handicapées dans notre société?"

(Téléchargeable ici en fichier pdf)



Encore une fois une soirée très enrichissante et conviviale. Nous étions une vingtaine de personnes. Le nouveau lieu qui nous a accueillis s’est avéré tout à fait adapté à notre besoin puisqu’il dispose d’un grand parking devant l’entrée et qu’il se trouve en rez de chaussée, accessible donc aux personnes dont la mobilité est réduite. Bien que des personnes soient du centre-ville d’Albi et que nous comprenions qu’elles préféreraient un endroit plus proche pour elles, nous ne pourrons pas contenter tout le monde. Nous avons étudié la question.

Il est finalement convenu que nous continuerons à organiser les café philo à la Brasserie de Lescure qui nous a si gentiment accueillis. Le propriétaire des lieux est prêt à nous ouvrir ses portes à nouveau.
Le fait est que le mardi 25 avril, date que nous avions convenu ensemble pour le prochain café philo, est un jour de fermeture nocturne pour cette brasserie. Son horaire du mardi ne correspondant pas aux heures de nos événements ; nous vous informons donc que nous repoussons le prochain café philo au mercredi 26 avril. L’heure du rendez-vous reste la même : 20h30.

Une parenthèse : nos événements se déroulaient généralement le jeudi mais nous modulons nos dates en fonction des organisateurs d’autres événements de même genre. Nous essayons d’éviter de tomber sur la même date, donc cette fois-ci notre café philo se produira un mercredi.

Ainsi le 26 avril, notre café philo portera sur le thème qui a été voté : « L’estime de soi et l’estime des autres ».



Le compte rendu


À présent, voici un petit résumé des idées relevées lors de la discussion publique du 23 mars sur la place des personnes handicapées dans notre société. Il se peut que des idées entendues autour de la table soient manquantes, alors nous précisons qu’il s’agit seulement d’un compte rendu très concis. Nous énumérerons les informations sans ordre précis, point après point.

- Face à l’étranger : On craint ce qu’on ne connaît pas.
- Sur l’attitude face aux gens différents : Chez certains l’effort est plus naturel que chez d’autres pour communiquer avec les personnes handicapées.
- C’est l’environnement qui est inadapté et non la personne. Pour que l’handicap n’existe plus, il suffit de procéder à des aménagements.
- Différence entre « handicap » et « infirmité ».
- Oser demander de l’aide, ne pas avoir honte de ses faiblesses. Exemple : un malvoyant qui demande une aide à un passant.
- Préférence de l’expression « en situation d’handicap ».
- Les hauts potentiels intellectuels (surdoués et zèbres) : ceux qui sont dans le « plus », le « trop » (émotionnellement submergés, en sentiment de décalage sociétal).
- Question de la reconnaissance du statut de personne handicapée, souvent pour pouvoir travailler.
- Le sentiment de vivre aux crochets de la société.
- L’handicap formaté : il faut avoir une allure d’handicapé pour être considéré comme ayant droit.
- Difficulté pour soi, pour l’Autre et pour la famille.
- La problématique du mot « normal », ou de l’expression « comme tout le monde ».
- Différence entre protectionnat propre à la France et fonctionnement d’autres pays… Dysfonctionnements en France mais beaucoup de mesures quand même. Dans certains pays, les aides n’existent pas ou elles sont très faibles. D’où la mendicité comme seul moyen de subsistance pour les personnes handicapées.
- Les autres, les gens dits « normaux » peuvent avoir une attitude de méfiance lorsqu’on leur demande de l’aide.
- Législation : code de l’urbanisme et de la construction de l’habitat. Depuis 1972, aménagements obligatoires pour les handicaps moteurs, obligatoires (sans sanction, donc peu ont appliqué cette exigence).
Depuis 2010 tous les logements à louer doivent être accessibles aux personnes handicapées (dimensions de portes, etc.).
- Dans notre société, deux choses sont génératrices d’handicap :
La capacité de jugement / comparaison des personnes qui vous entourent ou que vous rencontrez ;
Et le devoir d’être ambitieux et de participer à la course à la réussite.
- Le rêve d’accomplissement diminué, par exemple sur le plan professionnel.
- Obligation d’embaucher des personnes handicapées : des entreprises préfèrent payer des pénalités plutôt que d’embaucher des personnes handicapées, étant donné que ces dernières peuvent rester à vie dans l’entreprise.
- Existence d’entreprises adaptées : ESAT (ancien CAT) qui sont des ateliers protégés.
- Depuis que la Cotorep est devenue la MDPH, les subventions sont moindres.
- Se mettre à la place de l’Autre sera toujours un exercice plus ou moins difficile.
- Des films : « Mistral Gagnant » (enfants malades) ; « Papillon ».
- Souvent il est possible de tirer un atout d’un handicap.
- Si nous étions plus évolués en tant qu’espèce humaine, nous regarderions les gens autrement : dans les yeux et non dans les apparences. Ainsi, il n’y aurait plus de clivage entre « normal » et « pas normal ».
- Document recommandé dans le public : « La notion de handicap et les représentations qu’on en a ».



L’introduction qui a été donnée par Lynn (moi-même) :


Nous précisons que nous nous référons ici à notre modèle de société, le modèle standard communément accepté dans cette région du globe.
En admettant que la société est autre chose que nous-mêmes, elle est synonyme de « grille administrative fonctionnelle » selon mon expression. Elle institutionnalise les rapports entre individus, leur donnant à tous une classification, un étiquetage. Cela au risque de créer une diabolisation de la différence en quelque sorte, une marginalisation de la personne dès lors qu’elle ne répond pas aux impératifs de travailleur et de consommateur, critères posés par les diktats établis à l’échelle d’une nation. À cette échelle-là, trop vaste d’ailleurs, l’individu ne sait plus où trouver sa place, pour deux raisons qui me viennent à l’esprit à ce jour :
- on est réduit à un numéro dans un dossier administratif ou/et médical
- la famille humaine cesse d’être une famille parce qu’on ne sait pas rendre le monde petit dans notre actuelle société.
Où donc trouver sa place quand on n’entre pas très bien dans le modèle préconçu ?

Cette question peut ouvrir un débat sur la façon dont nous pourrions vivre localement pour que chacun trouve sa place au sein de la famille humaine.

Puisque nous parlons aujourd’hui des personnes handicapées, nous pouvons considérer le sujet sous divers angles, par exemple, ceux auxquels je pense :

- l’aide sur le plan matériel, les aménagements, les facilitations…

- l’attitude psychologique de l’individu atteint d’une limite, quelle qu’elle soit, une limite handicapante. En effet, beaucoup d’interrogations existentielles peuvent subvenir : pourquoi ? Suis-je bon à rien ? Est-il préférable pour moi de mourir ? Ai-je le droit au bonheur ? Vais-je me résigner ? Quel est mon champ des possibles s’il est réduit à néant ? Ou la comparaison aux autres gens, que l’on envie. Etc.
Ou la force d’exister malgré tout. Nous pouvons dans ce cas citer des personnalités lourdement handicapées et qui sont arrivées à de hauts niveaux de reconnaissance : Stephen Hawking (éminent physicien cosmologue paraplégique), Nick Vujicik (sans jambes et sans bras, conférencier écrivain ayant fondé une famille), etc.
Je compte sur vous pour alimenter ce sujet.
Petite parenthèse, je vous recommande un film sublime si vous ne l’avez pas déjà vu : le titre est « intouchable ». Il illustre la façon dont un handicapé cesse de se sentir handicapé ou d’être une demi-personne lorsqu’il rencontre un individu qui s’adresse à lui sans attitude de compassion ni de pitié ni de condescendance.

- Ensuite l’attitude des autres : certains se sentent gênés et évitent de s’impliquer avec les handicapés, alors que d’autres veulent travailler dans le milieu handicapé, et que d’autres encore estiment la personne handicapée autant qu’une personne valide, sans différenciation et sans éprouver de gêne.

- Les associations, les organismes, la reconnaissance, le statut…

- Les diagnostics limitatifs...

Enfin, qu’est-ce qu’un handicap ? Cela peut prendre plusieurs noms. Une invalidité plus ou moins grande, une fragilité, physique ou psychologique.


Quelle est votre attitude face à l’handicap des autres ?
Ou bien votre attitude face à vos limites ou vos handicaps ?


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